L’intuition contre la Vérité

Le passeport sanitaire (pardon, la « carte vaccinale ») est entré en vigueur aujourd’hui en Colombie-Britannique. Désormais, restaurants, cafés, salles de spectacles, salles de sport etc. seront réservés aux personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin, et à partir du 24 octobre, à celles qui en auront reçu deux, exclusivement.

Il est difficile de résister au vertige noir qui s’empare de l’esprit et du cœur lorsque l’on s’attarde sur cette nouvelle réalité. En 2021, dans un pays démocratique occidental, on instaure en toute bonne conscience une ségrégation fondée sur le statut médical. Dans un pays dont les nouvelles vaches sacrées sont les minorités de toutes espèces, on écarte une minorité hétérodoxe de la vie sociale au prétexte qu’elle ne mérite plus d’y participer, qu’elle s’en est exclue elle-même, et qu’elle pose un risque à la majorité observante. Quelle mordante ironie.

Les bienfaits de la vie à la campagne sont nombreux, la saine distance avec tous les virus de la ville n’étant pas des moindres. Virus véritables, bien sûr, mais virus de l’esprit également – on sombre moins dans la psychose collective quand on n’appartient pas au troupeau citadin. On a moins de chances de s’habituer à des comportements anormaux lorsqu’on ne macère pas dans un magma social imbibé de propagande, lorsque la cohésion de sa propre vie ne dépend pas de la répétition de dogmes et rituels imposés. Il est plus facile de conserver son indépendance d’esprit, et de garder intacts son intuition et son bon sens, lorsqu’on a pour compagnons essentiels la forêt, les animaux, et quelques voisins jaloux de leur tranquillité.

Je n’ai encore jamais eu à passer de test PCR. L’écouvillon dans le nez me rebute ; je sais que c’est une procédure désagréable et parfois douloureuse, et par ailleurs non dénuée de risque. Je n’ai pas accepté le fait que le test PCR faisait partie de la vie, car ce n’est pas le cas.

Ayant la bonne fortune de travailler de chez moi, je n’ai eu à porter le masque que quelques jours par-ci par-là, pour aller faire mes courses, et pas plus de quelques minutes à la fois. Je ne m’y suis jamais habituée, ni pour moi, ni pour les autres. Le masque empêche de respirer correctement (surtout s’il est en tissu), embue les lunettes par temps froid, constitue probablement un nid à microbes, et représente un obstacle majeur à la communication entre êtres humains. Je ne m’y habituerai jamais. Pas plus que le test PCR, le port du masque ne fait partie de la vie. Enfiler un masque pour aller faire ses courses n’est pas un geste normal. Si j’avais eu à le porter tous les jours, pendant des mois, me serais-je habituée ? Aujourd’hui, me donnerais-je des raisons pour continuer à l’enfiler en toute occasion ?

J’ai donc pu, par la force des choses, garder une bonne distance avec tous les tics et toutes les nouveautés comportementales associés au covid. D’une certaine manière, j’ai gardé un statut d’observatrice, plutôt que de devenir une actrice active de la « nouvelle normalité ». Je n’ai pas été forcée de pratiquer quotidiennement de nouveaux gestes, de répéter des comportements anormaux au point de les intérioriser. Je me suis préservé une certaine virginité psychologique, si l’on peut dire.

Cela ne signifie évidemment pas que je suis restée étrangère au déroulement de l’actualité sanitaire, au contraire. J’ai largement donné cours à ma curiosité naturelle et me suis tenue au courant de l’évolution de l’épidémie, ici et dans le monde. Mais je n’ai jamais laissé les messages officiels prendre le pas sur mon intuition. Je suis persuadée que c’est cette fidélité à mon intuition, ou à ma conscience, si l’on préfère, préservée par la relative protection psychologique que je viens d’évoquer, qui m’a permis de garder la raison dans un monde qui devenait de plus en plus fou (bien sûr, de nombreux citadins ont la même lecture des événements que moi ; la vie à la campagne ne conditionne donc pas le bon sens, mais force est de constater qu’elle augmente les chances de ne pas succomber aux épidémies de pathologies mentales transmissibles par mimétisme comportemental).

Après avoir beaucoup réfléchi à ce qui fondait ma position sur le covid et les vaccins (afin de mieux l’expliquer), je suis en effet arrivée à la conclusion que c’était avant tout la fidélité à ma conscience et à mon intuition. C’est à elles, plus qu’à des données ou à des chiffres particuliers, que j’adosse mes décisions et mes choix moraux, en matière de covid comme ailleurs. Les cyniques s’en amuseront et y verront une justification bien piètre, mais les plus sages sauront que l’intuition ne s’oppose en rien à la raison ou à l’intelligence, et que de nombreux grands esprits y ont reconnu une vertu cardinale. « C’est avec la logique que nous prouvons et avec l’intuition que nous trouvons », disait Poincaré dans sa célèbre formule. « L’intuition, le grand organe de la conscience », écrivait Hugo. Pour Einstein, l’intuition était même « la seule chose qui vaille au monde ».

J’en ai parlé ailleurs, la première anomalie dans la gestion du covid fut pour moi le refus de traiter les patients avec la pharmacopée existante, et les attaques à l’encontre des médecins qui prônaient une vraie prise en charge. Il n’était pas nécessaire d’entrer dans des batailles de chiffres pour comprendre qu’au niveau du principe même, quelque chose clochait. Entre les messages officiels qui vilipendaient les médecins qui pratiquaient la médecine et mon intuition, j’ai choisi mon intuition. J’ai préféré vivre avec cette anomalie non résolue (« comment est-ce possible ? », « c’est vraiment étrange ») plutôt que de trouver des raisons aux gouvernements et aux médias qui justifiaient d’abandonner les gens à leur sort. Je n’ai pas conclu, je n’ai pas échafaudé de théories sur ce qui pouvait motiver ces décisions vraisemblablement contraires à tout principe de la médecine, j’ai simplement écouté l’intuition qui avait détecté cette anomalie et accepté de croire ce que je voyais. Force est de constater que c’est plus facile à dire qu’à faire, dans la mesure où, face aux mêmes réalités, nombre de gens ont préféré évacuer la discordance et trouver des raisons aux dirigeants pour leurs choix contraires à toute éthique. Je suis convaincue qu’en temps normal, quelques mois auparavant, la plupart de ces gens n’auraient pas hésité et auraient été de l’avis qu’évidemment, face à un nouveau virus mortel, il faut soigner les malades avec ce que l’on a. Tout le monde a une conscience et l’intuition de ce qui est juste. Mais tout le monde n’est pas capable de les entendre lorsque la réalité qu’elles renvoient soulève des questions troublantes (« l’État refuserait-il d’aider les malades alors que c’est possible ? »).

Si je compte aujourd’hui parmi les « non vaccinés », puisque le monde est désormais divisé en ces deux catégories, assimilables au Bien et au Mal, que sont les « vaccinés » et les « non vaccinés », c’est en vertu de la même intuition que celle qui m’a fait relever l’étonnante absence de prise en charge des malades (et les campagnes de décrédibilisation ubuesques des traitements précoces qui s’en sont suivi, jusqu’à celle contre l’ivermectine récemment). Là encore, si l’on avait posé la question à la plupart des gens il y a deux ans s’ils considéraient qu’il serait juste d’imposer à la population, dès 12 ans, de recevoir un vaccin expérimental pour une maladie qui tue essentiellement les personnes très âgées ou affectées de comorbidités particulières (taux de survie pour les moins de 70 ans supérieur ou égal à 99,4 % selon les tranches d’âge, selon Ioannidis), a fortiori lorsque ledit vaccin n’empêche ni la contamination, ni la transmission, et semble avoir une efficacité limitée à quelques mois tout au plus, la plupart des gens auraient répondu que ce serait absurde et scandaleux. Et pourtant, nous y sommes, et ces mêmes gens trouvent désormais absurde et scandaleux que l’on choisisse de refuser l’injection.

Pour expliquer cet abandon total du bon sens, on peut citer l’injection quotidienne dans le cerveau de mensonges médiatiques, la soumission pendant de longs mois aux rituels du cirque pandémique, et le maintien artificiel de la population dans un état de peur panique. Ensemble, ces contraintes psychologiques ont fini par faire sauter tous les verrous de la conscience et neutraliser l’intuition des individus. Les gens ont cessé de penser pour eux-mêmes, leurs pensées et leurs désirs sont devenus ceux des gouvernements. On note d’ailleurs que la ferveur pour la nouvelle réalité pandémique est telle chez certains qu’elle génère un cercle infernal dans lequel une partie de la population exige désormais davantage de restrictions, ou une plus grande sévérité dans l’application des mesures sanitaires. La boucle est bouclée.

On voit bien qu’il n’est pas nécessaire d’en passer par une guerre de chiffres ou de confronter les paroles d’experts pour comprendre les différentes positions sur la gestion du covid et les politiques vaccinales (les faits relatifs aux vaccins que j’ai cités plus haut ne sont remis en question par personne). Par définition, l’épidémie se déroule en temps réel, les données sont excessivement abondantes et contradictoires, il peut donc être extrêmement difficile de s’y retrouver. Mais si l’on est entré dans cet épisode sanitaire singulier avec une conscience vierge et claire, des principes solides et une intuition efficace, il n’est pas si compliqué de se repérer dans le chaos d’informations. L’intuition permet rapidement de trier le bon grain de l’ivraie, et de faire son chemin. Il suffit juste de l’écouter, même lorsque ce qu’elle signale laisse perplexe ou inquiète. Il faut se satisfaire des questions en suspens, plutôt que de chercher des affirmations.

En suivant mon intuition, en restant fidèle à ma conscience et à mes principes, je me retrouve aujourd’hui appartenir à une minorité envers qui on exprime du mépris, de l’impatience, et de moins en moins de compassion. Une minorité que le Premier ministre du Canada appelle « ces gens-là » (« those people »). Une minorité que certains aimeraient faire payer de leur poche pour leurs soins de santé. Une minorité qui est vue comme porteuse de maladie, comme un danger pour autrui. Est-il possible d’exagérer le caractère infiniment dangereux d’une telle rhétorique ?

La ligne de partage entre le bien et le mal ne se situe pas entre vaccinés et non vaccinés, pas plus qu’entre Noirs et Blancs, ou communistes et capitalistes. Comme l’écrivait Soljenitsyne, elle « traverse le cœur de chaque homme et de toute l’humanité ». Ceux qui sont en train d’abandonner leur compassion pour autrui, qui se laissent aller au dénigrement et au mépris, gagneraient à s’en souvenir et à retrouver rapidement la voix de leur conscience – avant que la situation leur échappe, pour notre malheur à tous.

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